Mah Damba

 

 

 

 

Musique du Monde : Mali

 

Mah Damba et son mari Mamaye Kouyaté sont tous les deux nés dans la caste de griots. Ils font partie de l’ethnie bambara, le groupe de langue mandé le plus nombreux au Mali.

Mamaye Kouyaté appartient à une famille très ancienne puisque la tradition fait remonter son origine à Sourakhata Ben Zafara, un poète et compositeur arabe contemporain du Prophète.

 

Mah Damba, quant à elle, est la fille du djeli (griot) le plus respecté du Mali, Djeli Baba Sissoko, un de ces « sacs à parole… qui renferment des secrets plusieurs fois séculaires, qui détiennent les clefs des douze portes du Manding. »

Elle est également la nièce de Fanta Damba, l’une des plus grandes djelimousso du siècle. Mah Damba chante ici, accompagnée par Mamaye Kouyaté et son ensemble, le répertoire habituel où abondent proverbes  et sentences moralisatrices.

 

Elle célèbre aussi les héros de l’épopée bambara Da Monzon de Ségou, comme ici, Simbala Koné, qui sauve son père, le légendaire Bakari Djan devenu aveugle, thème qui n’est pas sans rappeler la tragédie d’OEdipe.

Un des rôles des griots est aussi de chanter les louanges de leurs « patrons » (jatigui) et, lorsqu’elle se produit dans les foyers maliens de la région parisienne, Mah Damba doit connaître l’histoire des familles des invités des mariages ou des baptêmes. Elle chante aussi les louanges de la famille des Kakolo, puis des Coulibaly.

 

Si le chœur féminin chante un refrain fixe, préparé à l’avance, on reconnaît une bonne djelimousso à son art d’improviser, qui sera apprécié et récompensé en conséquence par la personne dont on chante les louanges.

C’est donc un art très ancien, mais toujours ouvert à la création que nous proposent ici Mah Damba, Mamaye Kouyaté et leurs musiciens.

 

Mah Damba – Chant

Mamaye Kouyaté – ngoni

Guimba Kouyaté – Guitare – Tama

Mado Sakho – Djembé

Aliou Koité – Calebasse

 

Le ngoni est un luth dont le nombre de cordes va de quatre à sept (une innovation que l’on doit à Makhan Tounkara). Sa forme actuelle est restée très proche de celle du luth gengenty apparu au cours de la XVIIIe dynastie de l’Égypte pharaonique, mille cinq cents ans av. J.-C. C’est l’ancêtre du banjo afro-américains.

La guitare a été largement adoptée par les musiciens mandingues depuis la fin des années quarante.

Le guita flé est une demi-calebasse, ici percutée à mains nues.

 

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